« One welfare », « Un seul bien-être ».
Le bien-être en élevage au programme de la journée GDS Creuse–GTV 23
Journée GDS Creuse-GTV 23 : Ce 21 octobre, les vétérinaires intervenant en Creuse étaient conviés à la 22ème journée GDS-GTV pour échanger sur le concept de « One welfare », « Un seul bien-être » et un focus sur la gestion de la douleur lors d’écornage.
Pour la vingt-deuxième fois, les vétérinaires intervenant en Creuse ont répondu présents à l’invitation de GDS Creuse et du Groupement Technique Vétérinaire 23. Les deux thématiques retenues cette année, bien-être et gestion de la douleur, sont des sujets très médiatisés qu’éleveurs et vétérinaires doivent s’approprier.

Cette vingt-deuxième édition des journées GDS Creuse-GTV 23 a permis aux vétérinaires présents d’échanger et de s’informer sur le rôle du vétérinaire dans le bien-être en élevage et de se familiariser avec les modalités pratiques d’écornage sans douleur sur les veaux.
Important!
Bien-être en élevage
Une attente sociétale et médiatique majeure
Estelle Mollaret, professeure à Vet’Agro sup Lyon, a fait un tour d’horizon très détaillé de la thématique bien-être en élevage. Ce sujet fait régulièrement la une de la presse et est devenu une attente sociétale majeure. 94 % des personnes sondées en Europe jugent ce sujet important et 82 % pensent qu’il y a des progrès à faire. Pourtant, dans leur immense majorité, les éleveurs font tout pour offrir à leurs animaux les meilleures conditions d’élevage possibles. Cet écart de perception est lié à plusieurs facteurs : éloignement de plus en plus marqué des citadins vis-à-vis du monde rural, vision idéalisée de l’élevage qui n’a pas intégré les évolutions du vingtième siècle, modification du rapport à l’animal devenu principalement animal de compagnie… Les agriculteurs doivent s’approprier ce dossier en se formant et en communiquant sur leurs pratiques, dans le cadre du décret 2020 – 1625 du 18 décembre 2020.
Comprendre les animaux pour s’adapter
La physiologie des animaux, et notamment des bovins, est parfois très différente de celle des humains. Il faut connaitre ces spécificités pour pouvoir mieux y répondre. Ainsi, du fait de la position des yeux, le bovin a une vision latérale très large, mais en monoculaire donc avec une difficulté à apprécier les distances. Cela le rend très réactif à tous les mouvements brusques. Le champ de vision binoculaire et frontal est en revanche très réduit. Un bovin met 6 fois plus de temps que l’homme à s’adapter à un changement lumineux, soit près de 3 minutes. Il est très sensible aux bruits étrangers alors qu’il s’habitue rapidement aux bruits familiers. Son odorat est extrêmement développé, notamment vis-à-vis des phéromones. Pour l’éleveur, cela implique que plus il passe de temps proche de ses animaux, dans le calme, plus le contact sera facilité. 80% de la domestication se fait les 6 premiers mois de la vie du veau. Il faut le toucher pendant cette période et le familiariser au contact de la main et à la manipulation. Ce que va vivre l’animal à des périodes clés, comme le vêlage ou le sevrage, va le marquer durablement, ce sont les moments stratégiques pour améliorer la qualité de la relation homme-animal. Et n’oublions pas que la vache est gourmande, un seau d’aliments aura souvent plus d’effets qu’un coup de bâton !

(Source : Estelle Mollaret)
Du fait de la position des yeux, le bovin a une vision latérale très large, mais en monoculaire donc avec une difficulté à apprécier les distances. Cela le rend très sensible aux mouvements. Le champ de vision binoculaire et frontal est en revanche très réduit.
Des pratiques pour un seul bien-être, animal, humain et environnement…
Trop souvent réduit au bien-être animal, le bien-être en élevage est un tout, synthétisé dans le concept « One welfare », « Un seul bien-être ». L’amélioration des pratiques va en effet avoir des conséquences positives sur la santé des animaux, limitant le stress de l’éleveur et diminuant l’impact environnemental, notamment pour les effluents (agents pathogènes, résidus d’antibiotiques…). Lors de la visite terrain de l’après-midi, une évaluation a été faite dans l’élevage. Au-delà des aspects comportementaux directement liés à l’éleveur, le bien-être de l’animal passe par les mesures classiques en élevage : alimentation, logement, statut sanitaire, relation mère-veau, gestion du troupeau, éléments que l’on retrouve de longue date dans notre concept « Le sanitaire… J’adhère ! ».
… avec un bénéfice global pour l’élevage
Les études confirment qu’un animal bien dans son environnement va avoir de meilleures performances de reproduction et de production, que ce soit laitière ou en qualité de la viande. Le temps de travail est diminué avec des animaux dociles et on constate beaucoup moins d’accidents, que ce soit pour les bovins ou l’éleveur. Enfin, le sentiment de valorisation pour l’éleveur est amélioré, avec la fierté du travail bien fait.

(Source : Estelle Mollaret)
Bien-être en élevage est un cercle vertueux, assurant bien-être animal, des éleveurs et de l’environnement.
Important!
Gestion de la douleur lors d’écornage ou d’ébourgeonnage
Une pratique encadrée par la réglementation
L’écornage adulte ou l’ébourgeonnage des veaux (cf. article du 03 février 2021) sont des mesures zootechniques classiques mais encadrées réglementairement, afin de garantir une pratique prenant en compte la douleur des animaux. Au-delà de 4 semaines, la législation prévoit une gestion de la douleur immédiate par sédation ou anesthésie du nerf cornual, complétée idéalement d’une gestion de la douleur différée par administration d’un anti-inflammatoire. Avant 4 semaines, « l’anesthésie n’est pas obligatoire mais l’intervention doit être pratiquée de façon à éviter toute douleur inutile ou prolongée ». En pratique, le même protocole est recommandé quel que soit l’âge de l’animal : anesthésie locale + anti-inflammatoires. Grâce à cette gestion globale de la douleur, on constate une reprise plus rapide de l’alimentation et un impact plus faible sur la courbe de croissance. En revanche, le stress généré a un impact important sur le système immunitaire et il est fortement déconseillé d’associer ébourgeonnage et vaccination.
Un atelier pratique avec démonstration
L’après-midi, un atelier pratique a permis à tous de se familiariser avec la technique de l’anesthésie locale sur des veaux. C’est un geste simple, rapide et qui permet un ébourgeonnage limitant la douleur. L’éleveur peut demander à son vétérinaire de lui anesthésier ses veaux ou, s’il a été formé à ce geste technique, le faire lui-même. La délivrance par le vétérinaire du médicament anesthésique se fait dans le cadre de la prescription hors examen clinique, si la pratique de l’écornage a été identifiée lors de la rédaction du protocole de soin. Une vidéo de démonstration est disponible à cette adresse https://www.youtube.com/watch?v=GjIwXT0i6sU
Une journée riche en échanges entre vétérinaires et techniciens GDS et Farago
Depuis 1953, vétérinaires et éleveurs travaillent ensemble sur le terrain et au sein du conseil d’administration de GDS Creuse à l’amélioration de l’état sanitaire des troupeaux. Avec le développement de la filiale et de ses prestations de parage ou d’écornage, un nouveau partenariat a vu le jour, qu’il convient encore de consolider. Comme au premier jour, vos vétérinaires, GDS Creuse et sa filiale Farago Creuse se tiennent à vos côtés. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à les contacter.